CULTE DU 1er NOVEMBRE 2020

Remarque introductive : Avec les derniers événements douloureux qui ont touché de plein fouet notre communauté, je n’ai pas eu la force de préparer ce culte, je remercie Gabrielle d’avoir fait la partie « présidence » du culte et je lui demande de me pardonner les quelques modifications apportées à cette préparation.  Quant à la prédication, elle est de Richard Grell, pasteur retraité des Eglises d’Alsace et de Lorraine. Je la reprends presque telle quelle. 

Que le Dieu de grâce et de paix nous console et nous fortifie. Bon culte à chacun.

Grégory

Accueil et salutation

Chers frères et sœurs, que la grâce et la paix de Dieu notre Père, de Jésus-Christ notre Seigneur et de l’Esprit-Saint soient sur nous et nos proches.

Aujourd’hui et demain ne sont pas des jours comme les autres. Pourtant, le Seigneur reste le même, aujourd’hui et pour toujours. Il ne change pas, tandis que nous sommes changés, nous, par les douleurs de la vie, les difficultés affrontées et encore plus, certainement, en ce moment et depuis des mois, par la pandémie qui a transformé nos conditions de vie. 

En ce début de mois, nous avons une pensée particulière pour les malades, ceux qui sont fatigués, épuisés, ceux qui cherchent à comprendre, ceux aussi qui soignent les malades, les accompagnent avec compassion.

Nous avons aussi une pensée pour nos chers disparus, à jamais présents dans nos cœurs. La communauté n’est pas épargnée et il est compréhensible que la tristesse nous étreigne. Nos disparus sont à présent aux côtés du Seigneur et nous-mêmes, nous restons dans sa main, avec nos pleurs et notre chagrin. Notre Seigneur accueille et accompagne cette douleur.

Le verset porteur de ce Dimanche est extrait de la lettre de Paul aux Ephésiens :

“vous n’êtes plus des étrangers, ni des émigrés; vous êtes des concitoyens des saints, vous êtes de la famille de Dieu.” (Ephésiens 2:19)

C’est une phrase toute pleine d’espérance : Personne n’est exclu. La maison de Dieu accueille ceux qui étaient juste tolérés (appelés immigrés ou gens du dehors) jusqu’alors et tous appartiennent à la même famille, au même foyer.

Quand on y pense, les êtres humains font des classements et utilisent des mots pour mettre d’autres êtres humains dans des cases, dans des catégories : il y a les réfugiés, les sans-papiers, les migrants, ceux de la 2ème génération, de la 3ème génération…., celui qui ne parle pas bien ma langue, celui qui ne vit pas comme moi, etc. 

En Christ, toutes ces différences sociales ou d’origine, de langue, de culture, sont effacées.

Il n’y a plus qu’une seule maison, il n’y a plus qu’une seule famille, c’est celle de Dieu. Alors entrons tous ensemble dans la présence du Seigneur. Amen. 

Prière

Seigneur, notre Père aimant et bien aimé, donne-nous la force et la confiance de rester debout ; dis-nous encore que ta main est toute proche, que nous sommes dans ta main, dans la vie comme dans la mort qui arrive. 

Louange : lecture du psaume 150 

Cantique Mon ancre, ma voile : voici un lien qui vous permet d’écouter le chant depuis votre ordinateur, il suffit de cliquer sur le lien.

Dans les moments de crise et de doute, il est habituel de se tourner vers le livre des Psaumes, comme un enfant s’élancerait en direction des bras de sa maman.

Lisons le psaume 150. 

1 Louez l’Éternel ! Louez Dieu dans son sanctuaire ! Louez-le dans l’étendue, où éclate sa puissance ! 

2 Louez-le pour ses hauts faits ! Louez-le selon l’immensité de sa grandeur !

3 Louez-le au son de la trompette ! Louez-le avec le luth et la harpe! 

4 Louez-le avec le tambourin et avec des danses ! Louez-le avec les instruments à cordes et la flûte ! 

5 Louez-le avec les cymbales sonores ! Louez-le avec les cymbales retentissantes !

6 Que tout ce qui respire loue l’Éternel ! Louez l’Éternel !

Pour le plaisir et la joie d’écouter ce psaume dans sa langue originale, l’hébreu, écoutez son interprétation par le groupe israélien MIQEDEM

Lecture biblique :  1 Corinthiens 15 : 35-38 et 42-44a

Prédication : 

La mort est une grande interrogation, un mystère dont chacun se fait une représentation ! Où sont-ils ceux qu’on a aimés ?  Pouvons-nous établir des contacts au-delà de la mort ? Et notre mort ? Est-ce douloureux de mourir ? Et après ? Est-ce que tout sera fini ? Beaucoup de questions et pour chaque question autant de réponses, de croyances, d’hypothèses. L’imaginaire rend fécond : des milliardaires organisent par exemple la conservation de leur corps, pour pouvoir le ranimer le jour où la science aura vaincu la mort.

Mais allons un peu plus loin en ce qui nous concerne, nous qui lisons la Bible : Ai-je la possibilité de survivre à la mort, de ressusciter ? Puis-je me battre contre la mort ? Dois-je simplement subir ? Y a-t-il quelque chose après la mort ? Quel en est le chemin ? Qu’est-ce que ressusciter ? 

Essayons de comprendre la métaphore, l’image que Paul utilise pour faire un pas vers ce qui restera, quoi qu’il en soit, un mystère ! Elle est tirée du domaine agricole.

Ce que tu sèmes meurt. Pensons à toute l’histoire du développement et des progrès de notre civilisation ! Aucun rapport entre les Gaulois et notre vie actuelle, notre environnement technique, la pensée… Il y a eu récemment toute une vague de « déboulonnage » de statues qui, il y a quelques mois encore rendaient hommage à de grands civilisateurs. On a jeté à bas les héros que l’on adulait hier. Ce que je réalise de bien aujourd’hui peut être déclassé, dépassé ou honni demain. On peut saluer avec raison tous les progrès de la science, de la technique, de la médecine, des mentalités, qui vont dans le bon sens et qui améliorent la vie. Mais croire que mon œuvre est immortelle serait une erreur. L’humain progresse, cherche et se recherche et abandonne ce qui est dépassé. C’est notre vocation de cultiver le jardin d’Eden. Il faut s’impliquer pleinement, pour le progrès, puis accepter et envisager en toute humilité que tout cela n’est qu’éphémère.

Paul utilise l’image de la semence : « Ce que tu sèmes ne reprend pas vie ». En automne tu ne trouveras plus rien de la graine. C’est la condition pour avoir des épis. Il faut lâcher prise, renoncer, accepter les limites de la science, faire certains deuils, apprendre à perdre de cette force dont nous avons usé pour construire un monde que nous espérions bon. Il faut pouvoir abandonner cette graine qui doit pourrir. Les anciens meurent parce que ce n’est plus leur monde, parce que ce qu’ils ont réalisé de beau, de grand est dépassé. C’est alors une délivrance suite à l’incompréhension du monde qui n’est plus le leur. Ils ne meurent pas ; ils se détachent, se libèrent peut-être en donnant crédit à leur postérité qui a pris le relai. Voilà la force de la foi. Nous ne finissons pas de construire, de corriger, de vieillir et enfin de mourir pour quitter. Celui qui vit sa foi comme le Christ qui nous a précédés pourra lâcher et partir en paix !

La semence doit mourir, et de là surgira le fruit nouveau. Mais il ne peut y avoir de fruit s’il n’y a pas de semence. Paul reste vague pour désigner la semence : « Ce que tu sèmes, ce n’est pas le corps à venir, c’est une simple graine, un grain de blé peut-être, ou une autre semence ». Dans ses paroles on perçoit l’incertitude, en tout cas une manière de dire qu’il ne sait rien de cet au-delà.  Il a assez de détachement pour le dire. Bien vivre, c’est la condition pour bien partir : Pour bien partir il faut être « rassasié de jours » comme dit le premier testament. Nous entrons alors dans la bascule pour appréhender l’autre côté, celui de la révélation de cette vérité tant cherchée. 

Et ce que je trouve n’a pas de rapport avec ce que je cherchais et attendais car « Dieu donne un corps comme il le veut » dit Paul. Aucune représentation d’ici-bas ne me donnera la vérité de l’au-delà.  Ma vie durant, je me serai préparé à cette rencontre pour ne pas être étranger. En effet cela demande une ouverture de l’Esprit, correction de mes vues, acceptation de la vie et de ses évolutions et révolutions avec confiance. Ici la foi n’est pas une exigence pour un droit d’entrée ! C’est plutôt une clef d’entrée, une facilité d’adaptation dans un monde que j’ai longtemps cherché.

Après avoir appréhendé le monde des hommes tel qu’il est, participé à ses évolutions et révolutions, ses retours en arrière, ses échecs, ses soubresauts, ses hésitations et errements, je serai mûr pour me conformer au monde à venir. C’est le temps de la résolution, le temps où il me faut laisser mon vécu passé pour me détacher de ce monde qui m’est devenu étranger. Viendra le moment de libération, le temps de rejoindre ceux qui m’ont précédé. Ce sera certainement le temps de la résolution de toutes les énigmes, le temps de quitter ce monde dans lequel nous avons laissé notre trace, l’édifice où nous avons posé notre pierre. Il le faudra parce que nous sommes cette graine qui a germé dans le grand champ de l’histoire. Il le faudra car nos forces et notre santé, notre esprit seront mûrs pour appréhender le monde à venir. Ce que nous avons été ici sera tout différent de ce que nous serons là-bas. La petite graine que nous avons été diffère de la belle plante que nous serons. Nous le croyons parce que le Christ nous l’a dit.

Offrande : 

L’offrande c’est aussi rendre un culte à Dieu ; c’est donner soi-même, donner de soi-même, pour que la vie communautaire continue, avec ses dépenses courantes, mais aussi des dépenses pour rendre grâce à travers les programmes et les activités que nous soutenons. 

Trois possibilités s’offrent à vous: 

1. un ordre permanent (ce qui est le plus simple pour notre trésorier.)

2. Un versement sur le compte

3. Placer votre offrande à la sortie dans le panier prévu à cet effet

Pour rappel le numéro de compte est le suivant: Eglise protestante

BE32 0016 6002 9102

Annonces : 

  • Prions les uns pour les autres, particulièrement pour ceux qui sont frappés par la maladie, le deuil, la tristesse et la solitude.
  • Préparez-vous à ce que l’opération « Cœur en bandoulière » soit relancée cette année ☺

Vu les exigences de la situation sanitaire, l’opération se concentrera sur l’Entraide protestante. En effet, Gabrielle ne peut pas assurer personnellement la communication autour du projet et être présente comme l’an dernier avec ses panneaux. Très vite, des informations précises vous seront apportées : le contenu souhaité des sacs-cadeaux, la façon de participer (cagnotte en ligne, sacs apportés en fin de culte…).

Bénédiction : 

Beaucoup d’entre nous auront une pensée affectueuse et nostalgique pour nos chers disparus. Nous pouvons utiliser  ce souvenir comme  un acte qui nous porte pour transformer notre quotidien. C’est à dire qu’on sort de la commémoration pour être dans l’action, en mémoire des actes posés et revendiqués par nos disparus.

Charles Singer nous invite à cette réflexion à propos du passage de la pensée à l’action, dans ce poème que voici : il invoque plutôt les disparus d’hier et nous pouvons réfléchir à comment perpétuer l’action et l’engagement de nos disparus récents et des disparus que nous portons encore et toujours dans nos cœurs depuis longtemps : 

C’est le temps de la mémoire.

Du souvenir de ceux qui ont marché avant nous.

Il faut faire mémoire,

De ceux et celles

Qui ont donné leur vie

Pour que la liberté

Soit un pain quotidien.

Il faut faire mémoire

De ceux et celles

Qui chaque jour sont soumis

Aux pouvoirs de la haine,

De l’exclusion et de la violence.

Il faut faire mémoire

De l’assourdissante bêtise humaine

Qui mène à la guerre

Et à ses suites d’horreurs.

Mais à quoi sert la mémoire

Si elle ne conduit pas

À la quotidienne action ?


(Charles Singer, Quatre Temps, méditations pour chaque mois de l’année, 2001, Éditions du Signe)

Que la paix du Seigneur soit avec nous tous. Amen

Chant d’envoi : 232 C’est vers toi que je me tourne

daniel laenen

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